Les effets d'une agression sexuelle sur la personnalité



Lors de viols, la mise en scène de meurtre, l'humiliation, l'atteinte à la dignité génèrent chez les victimes un sentiment de mort psychique, elles se perçoivent comme des « mortes-vivantes », réduites à des objets, leur vie devient un enfer.


Les violences sexuelles ont le triste privilège d'être, avec les tortures, les violences qui ont les conséquences psycho-traumatiques les plus graves, avec un risque de développer un état de stress post-traumatique chronique associé à des troubles dissociatifs très élevés chez plus de 80% des victimes de viol, contre seulement 24 % pour l’ensemble des traumatismes (Breslau, 1991). Ce taux approche 87 % en cas de violences sexuelles ayant eu lieu dans l’enfance (Rodriguez, 1997).


Voici une liste non-exhaustive des conséquences possibles :

  • Culpabilité,

  • Baisse de l’estime de soi : perte de confiance, dévalorisation, rabaissement…

  • Troubles Alimentaires Compulsifs (TCA),

  • Pert de confiance en l’autre et difficulté à construire des relations,

  • Disparition de la libido ou comportement compulsif,

  • Comportements compulsifs en général : achats compulsifs, sport…

  • Dépendance affective,

  • Stress post traumatique : anxiété, dissociation, dépersonnalisation, isolement, phobie sociale…

  • Amnésie post traumatique,

  • Flashback,

  • Mémoire traumatique : notre corps a une mémoire. Une caresse, un mouvement, un geste peuvent faire remonter des sensations douloureuses.

  • Dépression,

  • Addiction,

  • Auto-destruction : mutilation, prostitution, usage de drogues...

  • Difficultés à aborder certains sujets (notamment le sexe),

  • Troubles psychiques,

  • Troubles du sommeil,

  • Pertes de mémoire,

  • Echec scolaire et/ou professionnel,

  • Changement de comportement : agressivité, provocation, sexualisation...

  • Syndrome de Stockholm,

  • Suivi psychologique et/ou Hospitalisations,



La mémoire traumatique : C’est une conséquence psycho-traumatique des violences les plus graves, se traduisant par des réminiscences intrusives qui envahissent totalement la conscience (flash-back, illusions sensorielles, cauchemars) et qui font revivre à l’identique tout ou une partie du traumatisme, avec la même détresse, la même terreur et les mêmes réactions physiologiques, somatiques et psychologiques que celles vécues lors des violences.


Pour en savoir plus, vous pouvez retrouver les travaux du Docteur Muriel Salmona.



Le stress post-traumatique :


Il s’agit d’un trouble anxieux sévère et non spécifique qui survient en réaction à une situation traumatique qui menace ou altère l’intégrité physique ou psychologique de l’individu. Il traduit un débordement des capacités d’adaptation du sujet agressé.


Le SSPT se manifeste par des symptômes persistants qu’on classe en trois catégories :


  • Les symptômes intrusifs : le sujet revit en permanence l’agression sans pouvoir s’y opposer, ce qui se traduit par des flash-backs et des cauchemars générateurs d’angoisse, de colère et d’un sentiment de culpabilité ;

  • Les symptômes d’évitement : la victime tente d’éviter toute situation ou tout facteur déclenchant ou toute personne qui pourrait lui rappeler l’agression passée ; il évite d’en parler, ce qui retarde la prise en charge thérapeutique et les procédures judiciaires. Il en résulte une amnésie partielle ou totale, et un émoussement des émotions avec repli sur soi et isolement ;

  • Les symptômes d’hypervigilance : la peur de revivre l’événement traumatisant maintient la victime en alerte constante, ce qui l’empêche de se concentrer et de mener à bien ses activités, et entraîne irritabilité, insomnie et épuisement nerveux. Le SSPT survient après un délai variable et peut persister des années après l’événement déclenchant et est fréquemment accompagné au cours de son évolution par des manifestations somatiques.


Toutes les victimes de violences sexuelles ne développent pas de SSPT. Sa survenue dépend de la gravité et de la fréquence des violences sexuelles, mais aussi de facteurs individuels, psychologiques (capacité de résilience) ou sociaux (environnement familial) et peut-être génétiques.

Les manifestations biologiques qui accompagnent le SSPT sont connues depuis longtemps et consistent en une dysrégulation hypothalamo-hypophyso-cortico-surrénalienne, qui se traduit par des anomalies de la sécrétion du cortisol et une augmentation de la production des catécholamines (adrénaline, noradrénaline), témoin d’une hyperactivité du système nerveux sympathique. Les progrès de l’imagerie du cerveau ont permis plus récemment d’identifier les modifications de la morphologie ou du fonctionnement de certaines zones cérébrales qui surviennent au cours du SSPT.

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à consulter les réseaux sociaux de Madame Muriel Salmona, et le site internet de son association.



Si vous vous retrouvez dans ces symptômes, n’ayez pas peur et aller voir un professionnel de santé.


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Camille

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