Le processus de dépôt de plainte, comment ça se passe ?



Entre tabou social, manque de preuves et souffrance psychologiques, le dépôt de plainte pour viol est un véritable parcours du combattant.

En France, seulement 2% des cas donnent lieu à une condamnation. L’attente peut être très longue et particulièrement douloureuse. Certains vous diront que déposer plainte est la clé de la reconstruction, d’autres vous dirons que cela ne sert à rien. Personnellement, j’ai réussi à trouver le courage pour déposer plainte contre mon agresseur. Dans cet article, je vous expliquerai le processus et vous donnerai quelques conseils pour mieux appréhender cette épreuve.

Quel délai pour porter plainte ?


De nombreuses victimes n’ont pas le courage ni l’envie de déposer plainte directement après les faits, soit parce qu’elles ont honte, aiment leur agresseur ou ne se sentent tout simplement pas prêtes à raconter leur histoire à un inconnu et affronter des années de procédure.


Pourtant, le premier conseil que je pourrais vous donner est de déposer plainte le plus rapidement possible afin d’avoir le maximum de preuves PHYSIQUES à donner à la police. Mais si cela n’est pas possible, ne vous inquiétez pas :

- Pour les victimes majeures, le délai de prescription est de 20 ans à partir de la date des faits.

- Pour les victimes mineures, le droit de porter plainte dure jusqu’à 20 ans après la majorité, soit 38 ans.


Pour les victimes mineures qui connaissent leur agresseur, si vous souhaitez parler de cela à :

  • une association spécialisée dans l’aide aux victimes (comme l’AVEMA),

  • un psychologue,

  • votre médecin traitant,

  • ...

La personne qui vous écoute sera obligé de faire un signalement auprès de la police. Ce signalement ne vous obligera pas à déposer plainte, mais vous serez contacté(e) à 3 reprises par le commissariat de votre ville afin de savoir si vous souhaitez déposer plainte ou non.


De plus, la non-dénonciation de crime est le fait, pour quiconque (la famille n'est pas soumise à cette obligation) ayant connaissance d’un crime dont il est encore possible de prévenir ou de limiter les effets, ou dont les auteurs sont susceptibles de commettre de nouveaux crimes qui pourraient être empêchés, de ne pas en informer les autorités judiciaires ou administratives. La non-dénonciation de crime est punie de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende (article 434-1).


Même si cela peut être particulièrement difficile à vivre, voire invasif, ce signalement permet de garder une trace de l’agression et peut être important si vous décidez de déposer plainte plusieurs années plus tard.

Même si vous n’êtes pas encore sûr-e de vouloir ou d’oser porter plainte à la police, laissez-vous examiner par votre médecin traitant ou à l’hôpital. Les médecins doivent respecter le secret professionnel et ne peuvent rien dire à l’agresseur ni à d’autres personnes de votre entourage.



J’ai décidé de déposer plainte, comment cela se passe ?


En vous rendant au commissariat, informez l’agent de police que vous souhaitez déposer plainte. Les services de la police disposent de locaux d’accueil spécifiques avec des collaborateurs spécialement formés, pou