Découvrez l'histoire d'Elisabeth.


Alors qu’elle n’était encore qu’une petite fille, Elisabeth Lapostolle a subi les pires choses que l’on puisse faire à un enfant. Elle a vécu l’enfer, entre violences intra-familiales et « captivité ». Mais aujourd’hui, elle nous impressionne par sa force et son courage. Le 20 novembre 2019, Elisabeth a raconté son histoire publiquement pour la première fois, sur le plateau de « Ca commence aujourd’hui », émission de France 2 présentée par Faustine Bollaert. En cette journée anniversaire des 30 ans de l’adoption de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (C.I.D.E.), elle a pu mettre des mots sur l’horreur qu’elle a vécu : l’inceste maternel (entre autres).


Une femme engagée

A 52 ans, Elisabeth est une survivante. Héraultaise d’adoption, elle a su faire de ces épreuves une véritable force et s’est pleinement engagée dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles. Telle une “combattante civile”, handicapée, anciennement praticienne en désensibilisation des mémoires émotionnelles, elle œuvre activement pour faire changer les choses grâce à ses actions de l’ombre, avec l’appui de son réseau d’ami(e)s fiables “DStressOn”, son binôme cynothérapie : Mr D3 du Domaine des Eclaireurs, en partenariat avec d’autres femmes marseillanaises engagées : Henriette Planchon et le collectif « ELLES ».

Elisabeth vise notamment à :

  • Eveiller les consciences et sensibiliser à la lutte contre l’inceste, le viol, l’emprise, les violences domestiques ;

  • Encourager les victimes à prendre leur parole et à reprendre leur vie en main ;

  • Les motiver à se faire aider et se reconstruire ;

  • Confirmer qu’elles ne sont pas seules et sans solution.

En 30 ans de combat engagé, entrecoupés de pauses médicales graves et imposées, Elisabeth a porté assistance à 153 personnes.

Elisabeth est une femme forte et engagée, pourtant, sa vie n’a pas toujours été facile. En effet, victime d’inceste féminin, de violences intra-familiales, de nombreux actes de cruauté, elle a passé plus de 20 ans de sa vie en « captivité » et 48 ans enfermée dans le silence. Ce n’est qu’en 2016, après que sa mère a eu un AVC, qu’elle l’a autorisée à prendre la parole ; ce qui lui a permis d’être enfin entendue par un Tribunal. Cette audience l’a juridiquement dégagée de ses obligations d’assistance à un parent, mais surtout l’a autorisée à s’éloigner de sa mère et de sa famille dysfonctionnelle.



Une enfance brisée

Enfant non-désirée, Elisabeth sera « séquestrée » par son père jusqu’à ses 20 ans. Ses parents lui ont toujours répétée qu’elle n’avait pas été désirée et qu’elle était la seule fautive depuis qu’elle était venue au monde. Pendant les 12 premières années de sa vie, son père n’était que rarement au domicile familial (avant de revenir définitivement). Il partageait son temps entre sa femme et sa fille, et ses deux maîtresses, toutes deux prénommées Suzanne. Sa mère acceptait totalement la situation jusqu’à subvenir à leurs besoins financiers et ses parents se sont accordés pour dire qu’elles étaient ses tantes.

Son père, toujours armé, imprévisible et violent faisait régner la terreur en maître, en tout lieu, ce qui ne permettait aucune tentative de fuite, sous peine de représailles et de dommages collatéraux. Même à distance ou absent, il arrivait à tyranniser l’ensemble des foyers par la peur, les menaces, les intimidations, les descentes punitives improvisées, les armes à feu et l’épuisement constant.

Sa mère, apeurée, concentrée sur sa propre survie, livrait régulièrement Elisabeth aux accès de fureur et de violence de son père. En complice active, soumise, cette mère procédait également à des sévices sur son enfant, sous les ordres de son mari. Elisabeth a connu bien trop tôt les services d’urgences hospitaliers dans l’indifférence générale. Aucun médecin ne signalera ces violences et ses allers-retours en milieu hospitalier.

Les parents d’Elisabeth avaient tous les deux connu la guerre étant enfants, ils étaient en état de stress post-traumatique. Quant à son père, il avait lui-même connu les maltraitances sévères à l’enfance qu’il reproduisait. Elisabeth ne l’apprendra que des années plus tard, après le décès de son père. Elle-même victime de cet état post-traumatique complexe, elle comprendra que ses parents étaient avant tout « malades » et inconscients, même si cela n’excuse en rien les actes de barbarie qu’ils ont commis.

Elisabeth a donc eu une enfance très triste. Ballotée entre trois foyers, elle n’a pas connu la stabilité d’une famille aimante. Jusqu’à ses 8 ans, elle passait la semaine avec sa mère, le samedi avec Suzanne n°1, et le dimanche chez Suzanne n°2. Elle n’avait ni chambre, ni jouet comme les autres enfants. Elle vivait dans un taudis et dormait dans le même lit que sa mère, enroulée en boule dans sa couette. L’hiver, elle devait même dormir avec ses vêtements pour ne pas avoir froid. Ses parents étaient psychologiquement bloqués en 1939-1945 et les règles du foyer principal étaient celles d’un bunker en temps de guerre. Elisabeth a dû grandir très vite. En effet, sa mère étant soumise, sous emprise, et son père violent, elle servait de bouclier à sa mère. Elle encaissait les coups. Son père aurait préféré avoir un garçon, donc Elisabeth a été militarisée très tôt. Elle a ainsi appris à tirer et à dresser des chiens de garde, dans des terrains vagues d’Argenteuil avec son père et ses oncles jumeaux dits les “Tontons flingueurs”. Grâce à cela, elle prenait du grade et l’estime de son père grandissait. Mais ce n’est que le début de sa souffrance.

Enfermée dans le silence, sa seule échappatoire était l’école. Pourtant, ici aussi Elisabeth a été le bouc émissaire. En effet, elle vivait dans une toute petite ville d’Ile-de-France où tout le monde se connaissait. Son père était surnommé « Le Fou de Montesson » à cause de sa violence, de sa fascination pour les armes à feu et pour leurs utilisations fréquentes. Les enfants sont très cruels, et elle a été rejetée et violentée pendant toute sa scolarité, la poussant à faire l’école buissonnière au lycée en quête de quelques heures de liberté et d’aides extérieures éventuelles.

Le week-end, elle n’avait pas de répit non plus. Le dimanche, lorsqu’elle se rendait chez Suzanne n°2, elle subissait de la maltraitance psychologique. Mais Suzanne n°1 reste la pire. Au départ, cette Suzanne paraissait gentille avec Elisabeth. Elle pensait avoir enfin trouvé quelqu’un qui la considérait comme un être humain et non comme un objet. Elle était impressionnée par cette belle femme aux cheveux roux, qui réalisait des peintures à l’huile et possédait toute une collection de poupées à son effigie. Pourtant, très vite, Suzanne a montré son vrai visage. Cette femme avait 2 personnalités. Elle était alcoolique et Elisabeth devait régulièrement aller la chercher avec son père, violent et armé, au bar du coin complètement saoule.

A l’âge de 6 ans, Elisabeth avait gagné assez de grade aux yeux de son père pour « faire la cuisine ». Ainsi, Suzanne n°1 serait chargée de lui apprendre à devenir une « bonne femme », en commençant par la cuisine. Un samedi en arrivant chez Suzanne, Elisabeth remarque qu’elle est bien plus élégante et apprêtée que d’habitude. Elle comprend que quelque chose va lui arriver. Ce jour-là, Elisabeth, son père et Suzanne déjeunent rapidement. A ce moment-là, Elisabeth comprend qu’elle servira de « dessert » à Suzanne. Elle l’emmène dans la chambre conjugale où se trouvent habituellement les poupées en porcelaine. Elle tend la main vers son père à la recherche d’aide. Malheureusement, ce-dernier détourne le regard et la porte se referme. Elisabeth comprend que personne ne viendra l’aider et ne l’aidera jamais. Suzanne éteint la lumière et allonge Elisabeth. Elle lui dit qu’il est l’heure de dormir. Ayant été habituée depuis sa naissance à se comporter et être considérée comme un objet, le corps et l’esprit d’Elisabeth se bloquent, comme pour la protéger de ce qui était en train de lui arriver. Ces viols féminins dureront jusqu’à l’âge de 8 ans.

De sa naissance à ses 20 ans, Elisabeth est restée captive de son père. Sa mère l’offrait en pâture à son père pour ne pas subir les coups (et davantage). Terrorisée par cet homme, elle infligeait des punitions extrêmes à Elisabeth. Son père la séquestrait et la militarisait. Elle était totalement déshumanisée. L’inceste, les viols, la négligence, l’esclavagisme et la peur constante étaient son quotidien. Elle avait pour seuls compagnons autorisés des animaux, ses meilleurs amis. L’un des sévices les plus insoutenables infligés par son père était notamment de l’obliger à assister à la décapitation de ses animaux, depuis sa plus tendre enfance. Un autre était, adolescente, de lui faire creuser sa propre tombe un fusil sur la tempe, en lui disant que personne ne la retrouverait jamais car “personne n’en avait rien à f****”.

Aujourd’hui encore, elle verbalise que ce sont ses animaux qui lui ont donné quotidiennement la force de rester en vie alors qu’elle s’était résignée à mourir en enfer.


Une vie de souffrance


L’histoire d’Elisabeth n’a jamais été publiée dans les journaux, malgré les interventions de la police. Au cours de sa captivité, les forces de l’ordres feront 3 interventions, toutes infructueuses. Hospitalisées à de nombreuses reprises dès l’âge de 2 ans, le corps médical n’est jamais intervenu. Les voisins d’Elisabeth étaient eux-aussi impuissants, préférant déménager que de rester vivre à côté de cette “Maison de l’Horreur” et du “Fou de Montesson”. En plus de sa propre souffrance et du silence qui lui était imposé, Elisabeth a dû faire face à l’ignorance de son entourage.

Les grossesses d’Elisabeth ont également été très compliquées. Elle a fait quatre fausses couches à cause de ses nombreux traitements lourds et d’une maladie gynécologique. Ses deux grossesses qui sont arrivées à terme ont quant à elles été très traumatisantes. La première a eu lieu pendant sa captivité, le ventre bandé pour le cacher à son père afin qu’il n’attente pas à la vie de son enfant. L’autre a eu lieu à l’hôpital, lorsqu’elle était paralysée.

Les coups portés par son père, sa mère et ses deux belles-mères (ou tantes) ont eu de lourdes conséquences sur la santé d’Elisabeth. On n’en parle pas assez, mais les violences sexuelles peuvent avoir des très graves impacts sur le corps et l’esprit. Voici une liste non-exhaustive des séquelles qui ont réduit la qualité de vie d’Elisabeth jusqu’au handicap :

  • Poumon atrophié,

  • Des coups reçus du côté droit et une crosse de fusil lui ont causé : dentition abîmée, problèmes de vision et d’audition,

  • Endométriose (voir "Les effets d'une agression sur le corps"),

  • Polyarthrite rhumatoïde fulgurante (déclenchée par le stress post-traumatique complexe),

  • Maladie chronique et poussées inflammatoires très douloureuses (voir "Les effets d'une agression sur la personnalité"),

  • Dissociation, Mémoire traumatique bloquée, Hypervigilance,

  • Dépression, Black-out,

Au cours de son parcours médical, Elisabeth a été opérée 27 fois (dont deux chirurgies réparatrices). Elle a également subi une chimiothérapie de 10 ans et 4 ans d’hospitalisation (dont 1 an en déplacements hospitalisés fauteuil roulant) pour la polyarthrite rhumatoïde – déclenchée de façon fulgurante par le stress post-trauma complexe et l’obligation au silence.

Au-delà de la souffrance physique, Elisabeth a également connu la souffrance psychologique. Rejetée depuis son plus jeune âge, cela a continué à l’âge adulte. Pendant ses 4 années d’hospitalisation, elle n’a reçu AUCUNE visite. Elle a été oubliée par tout le monde alors qu’elle était paralysée, enfermée entre 4 murs. Pendant ce temps, la mère d’Elisabeth tentait de s’accaparer ses propres enfants, de leur faire oublier leur mère et d’installer une forme d’aliénation parentale maternelle, par dépendance affective, qui perdure encore aujourd’hui.


La résurrection

En 1985, Elisabeth commence à porter assistance à des victimes d’abus. Ce qui déclenchera son propre départ 3 ans plus tard à une semaine d’accoucher de son premier enfant. La maternité a développé son instinct de survie.

De 1988 à 1991, Elisabeth tente vainement de convaincre sa mère de fuir ce foyer ultra violent où elle risque quotidiennement sa vie, ce qu’elle refuse ; bien que son mari ait une nouvelle fois intenté à sa vie en sectionnant les freins de son véhicule (son témoignage ici). C’est en 1991 qu’Elisabeth a le déclic. En effet, après une 3e intervention de police infructueuse (ordonnée par le Maire de Montesson, en sa présence), elle décide de sauver sa mère, seule, des griffes de cet homme et de créer son 1er réseau. Pendant deux ans, elle organise sa fuite et trouve des « planques » pour qu’elles gardent la vie sauve. Elle commence alors à faire enclencher le divorce de ses parents, tout en tentant d’échapper à son père et pour protéger son premier enfant. Grâce au soutien d’une assistante sociale et de deux avocates, le jugement sera prononcé aux torts exclusifs de son père, mais, terrorisée, sa mère refusera de faire procéder au partage des biens qui lui revenaient de droits.

Après cela, elle a dû prendre soin de sa mère qui était totalement dépendante à la suite d’années de captivité, de manipulation et d’intimidation. Là commence un nouveau calvaire. En effet, sa mère totalement dépendante, refuse toute prise en charge médicale et psychologique. A fortiori, cette mère craint surtout de devoir rendre des comptes à la justice, d’être privée de ses droits de grand-mère, de liberté et elle demande à Elisabeth de garder le silence. Parallèlement à cela, pour répondre à une promesse faite à son grand-père maternel, sur son lit de mort, Elisabeth va accepter de s’occuper de sa grand-mère maternelle et de sa mère, 24/24h 7j7, lui refusant toute vie privée et reconnaissance.

Elisabeth a dû affronter la solitude et le désert professionnel une nouvelle fois. A cette époque, il n’existait aucune structure capable d’accueillir des survivantes de longues séquestrations et de telles violences. Elle devra elle-même créer, à deux reprises, son propre réseau, qui deviendra un véritable cercle d’amis.

En 1993, Elisabeth est obligée de remettre sa mère en sécurité, et fait mettre la pression sur son père par des amis de Clichy, afin qu’il cesse de les harceler et de les intimider. Pris à son propre piège “du chat et de la souris”, son père fait son mea culpa à Elisabeth. Ils trouvent un accord tacite et des contacts corrects afin de lui laisser le droit de voir grandir ses petits-enfants. En parallèle, une surveillance policière est mise en place à son domicile de Montesson. Les parents d’Elisabeth arrivent même à reprendre des relations “cordiales” à son domicile, sous sa vigilance.

En 1995, elle demande à être prise en charge par nombres de spécialistes de grands hôpitaux parisiens afin de comprendre pourquoi son corps la lâche. Tant qu’elle n’arrive pas à verbaliser son “Enfer sur Terre”, il est compliqué de faire le lien. En 2000, Elisabeth entend pour la première fois de la part du corps médical qu’elle est en état de stress post-trauma complexe, à l’identique d’un combattant qui aurait été en captivité et torturé. En parallèle, elle fait la rencontre d’un officier, également en stress post-trauma de “guerre”, ce qui va orienter Elisabeth dès 2007, dans un engagement bénévole sans faille -- pendant 12 années -- dédiées au Monde Combattant. Elle effectue également une reconversion professionnelle afin de porter assistance à ses “frères d’arme” traumatisés, sans suivis, sortis d’active.

Ce n’est qu’en 2016 qu’Elisabeth sera autorisée par sa mère (complice active de son père, par soumission et survie) à parler des crimes dont elle a été victime. A l’âge de 48 ans, elle a enfin été entendue par deux juges des tutelles. Ils ont décidé de mettre en place des mesures d’urgences pour lui venir en aide.

En tant que victime, Elisabeth a pourtant été jugée et condamnée « irrecevable et aux dépens » par erreur d’avocat. Elle a même été interpellée et mise sous enquête pendant 8 mois. En guise de dédommagements, son avocat s’est d’urgence mis à la retraite. Elle a contacté 26 autres avocats afin d’être reconnue comme victime, mais ils ont TOUS refusé le dossier, nécrosé par leur confrère. L’un d’entre eux a même oublié de le traiter pendant 10 mois jusqu’à lui rendre sans aucune action engagée. Encore une injustice pour les victimes de viols et de violences. Aujourd’hui encore, elle se retrouve bloquée par la prescription des faits et de la non-représentation de ses bons droits à la succession (bloquée depuis 15 ans). Elisabeth raconte qu’en plus d’une vie complète volée et des multiples séquelles, elle a pris perpétuité et une “condamnation par irrecevabilité” à vie, puisque les délais sont là-aussi dépassés pour procéder à l’effacement de cette condamnation par erreur d’avocat. La prescription des faits induit qu’elle ne pourra jamais être reconnue victime, et que ses bourreaux seront toujours sous le coup de la présomption d’innocence. Dans ce dossier : 4 protagonistes sur 6 sont décédés et 2 ne seront jamais inquiétés, dont une assistante sociale. Une honte pour toutes les victimes.

Ce sont ses ami(e)s du réseau “DStressOn”, des survivant(e)s, d’anciens voisins de la “Maison de l’Enfer” de Montesson, des Médecins, des Elu(e)s qui ont proposé à Elisabeth de témoigner et qui l’encouragent à écrire désormais son témoignage (“Le Petit Soldat de l’Ombre”, en cours de rédaction).



Cette histoire est si touchante qu’il est difficile de la raconter parfaitement, sans oublier quelques détails. Ainsi, si vous souhaitez en savoir plus sur l’histoire et les actions d’Elisabeth, nous vous invitons à consulter son blog, à visiter son profil sur Hérault Tribune, à visionner son témoignage dans l’émission « Ca commence aujourd’hui » et en complément celui du 8 mars dernier au théâtre de Marseillan. Vous pouvez également la contacter (ou sur Facebook).

Nous souhaitons remercier Elisabeth pour son témoignage, et surtout la féliciter pour son courage, sa détermination sans faille et sa bienveillance. Elle apporte beaucoup à la lutte contre les violences faites aux femmes et aux jeunes filles. Il n’est pas normal de voir ce genre de situation en 2020, c’est pourquoi nous devons nous battre, ensemble, pour faire entendre nos voix et changer les choses.

A très vite, prenez soin de vous.

YourSafe

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